lundi, 17 décembre 2018 00:00

Incidents à Port-Bouet et Grand-Bassam lors d'élections locales partielles

Des incidents se sont produits dimanche lors des élections municipales à Port-Bouet, une des communes d'Abidjan, et Grand-Bassam. Le calme règne dans les quatre autres communes et deux régions de Côte d'Ivoire où les scrutins locaux avaient été annulés après le vote du 13 octobre.

L'enjeu politique est faible pour ces scrutins partiels, qui ne modifieront pas l'équilibre issu du scrutin du 13 octobre, largement remporté par le parti présidentiel RHDP, mais où le principal parti d'opposition, le PDCI, avait néanmoins fait un bon score.

C'est surtout le bon déroulement du scrutin qui est au centre de l'attention, alors que les élections du 13 octobre avaient été marquées par des violences ayant fait au moins cinq morts et des accusations de fraudes dans une centaine de sites.

A Port-Bouet, où des incidents violents avaient éclaté en octobre, de nouvelles violences ont eu lieu dimanche. Des individus ont caillassé une fenêtre du siège électoral du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), le parti de l'ancien président Henri Konan Bédié. Selon des membres du PDCI, plusieurs personnes ont été "tabassées et dépouillées" devant le siège.

"Depuis 72h, Port Bouet a été infesté de loubards, de microbes (jeunes délinquants). On sait qui fait ces opérations, ce sont les mêmes qui ont fait invalider le scrutin", a affirmé Sylvestre Emmou, candidat du PDCI, un des deux favoris.

"Plus de 10.000 cartes d'électeurs ont disparu (...). Rien n'est normal. On essaie de tricher, on essaie de braquer un scrutin", a-t-il poursuivi, parlant aussi "d'intimidation d'électeurs".

Du côté de la majorité présidentielle, Marcel Nguettia, le directeur de campagne de l'autre favori Siandou Fofana, fait les mêmes reproches au PDCI. "Nous connaissons les pratiques de M. Emmou Sylvestre. Chaque fois qu'il y des élections depuis 15 ans, il est toujours le premier à accuser les autres. Sans même que les résultats n'apparaissent, il dit toujours qu'il a gagné".

Un important dispositif des forces de l'ordre était visible à Port-Bouet avec de nombreuses patrouilles et des forces de police armées dans les bureaux de vote.