vendredi, 17 février 2017 00:00

Affaire Dabo Boukary : Me Halidou Ouédraogo confirme des dires de Salifou Diallo

Le nom de Salifou Diallo, l’actuel président de l’Assemblée nationale, est régulièrement cité dans l’affaire de la disparition de l’étudiant en médecine Dabo Boukary dans des circonstances non encore élucidées. Mais si le président par intérim du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) devrait se présenter devant la justice en tant qu’accusé, il pourra compter sur le soutien de Me Halidou Ouédraogo, ancien président du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP) et aujourd’hui président de la Commission constitutionnelle.

Le 18 décembre 2014, lors d’un panel organisé par l’Association Faso Action nouveau, Salifou Diallo, alors premier vice-président du MPP, est interpellé sur son rôle dans la disparition de l’étudiant en médecine Dabo Boukary. C’est alors qu’il a révélé avoir contribué à sa libération après son arrestation avec d’autres camarades sur le campus le 16 mai 1990 (l’étudiant est considéré comme disparu le 19 mai 1990, ndlr). Voici ce que Salifou Diallo avait dit ce jeudi-là : « L’après-midi, en compagnie de monsieur Ouédraogo Halidou, du recteur Nindaoua Sawadogo, je me suis rendu pour négocier la libération des étudiants. Je suis allé voir le Colonel Diendéré (aujourd’hui Général Gilbert, ndlr) à l’époque, en présence du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et du recteur. Tous les étudiants ont été libérés. Tous !  J’ai même demandé est-ce qu’il reste encore un étudiant. On m’a dit non. Le même soir, je prenais Air Afrique et je partais en voyage ».

Trois ans après, Me Halidou Ouédraogo, président du MBDHP à l’époque des faits, confirme.

Dans une interview réalisée le 10 février 2017 et publiée le 16 février 2017 dans les colonnes des Editions « Le Pays », l’actuel président de la Commission constitutionnelle soutient les dires du président de l’Assemblée nationale. Extrait : «(…) Après avoir écrit la lettre, j’ai appelé Salifou Diallo. Il est venu chez moi et je lui ai dit : « Nous avons appris l’enlèvement de Dabo Boukary et d’autres étudiants. Nous nous sommes réunis et nous avons écrit une lettre à l’intention du président » et je la lui ai remise. Dans l’après-midi, il m’a appelé et m’a dit : « Les étudiants ont été libérés, dont Dabo Boukary » et que c’est par Gilbert Diendéré que le Chef de l’Etat a fait parvenir cette nouvelle. Puis, il m’a informé qu’il avait un voyage dans la soirée à Bamako ».

Mais alors, s’il a été libéré, pourquoi Dabo Boukary n’a toujours pas été retrouvé ? La réponse, il faut la chercher dans la livraison du 21 janvier 2014 du journal L’Evènement. Ce n’est qu’à son retour de son voyage qui a duré quatre jours, peut-on y lire, que Salifou Diallo aurait appris que d’autres étudiants  ont été mis aux arrêts. Et c’est deux mois plus tard, toujours selon l’Evènement, qu’il aurait appris la nouvelle du décès de Dabo Boukary  de la bouche-même de l’ancien président Blaise Compaoré.

Ainsi, l’ancien proche conseiller de Compaoré est-il donc étranger à la mort de l’étudiant ? Celui dont les enfants étaient soignés par le disparu, est formel. « On ne peut pas me faire dire que Salifou Diallo a contribué à la liquidation physique de Dabo Boukary. Il a plutôt contribué à sa libération. Et ça, j’en suis témoin », martèle Me Halidou Ouédraogo. « (…) Si l’on ne veut pas féliciter Salifou Diallo, il ne faut pas le charger », a-t-il terminé.

Mais qu’en est-il des affirmations répétitives selon lesquelles c’est lui qui aurait donné la liste des meneurs des mouvements des étudiants ? « Sur le dossier Dabo Boukary, je n’ai rien à me reprocher », avait répondu le principal intéressé le 18 décembre 2014.  Il a ajouté ceci : « Moi Salif Diallo, je demande à ce que ce dossier  soit l’un des dossiers jugés en premier dans ce pays. Ce n’est pas la terreur des groupuscules clandestins qui me fera reculer. Si  déballage il y a, il y aura déballage. Et si la justice estime que je suis coupable, on doit me condamner».

La justice, elle, est à pied d’œuvre. Plusieurs personnes ont été entendues ou interpellées, dont le médecin colonel Mamadou Bamba. Vivement donc que le maillet de l’ouverture du procès, tonne.

Source : Burkina24