Pas de vacances pour les filières qui n’auront pas rattrapé leur retard. C’est du reste ce qu’a annoncé le Pr Jean-François Silas Kobiané, président de l’université Joseph Ki-Zerbo le lundi 9 juin 2025 au cours de la montée des couleurs nationales. Pour lui, enseignants-chercheurs et étudiants devront rester mobilisés pour cette cause. Ce mardi 10 juin 2025, nous avons tendu notre micro à quelques étudiants afin de recueillir leurs avis. A l’université Joseph Ki-Zerbo, les points de vue sont partagés.
La normalisation des années académiques demeure une priorité pour les acteurs de l’université. Abdoulaye Kaboré et Mohamed Ouattara, étudiants en philosophie, apprécient l’initiative entreprise par les autorités burkinabè pour résorber les retards académiques.
Aboulaye Kaboré, étudiant en philosophie pour la promotion 2024, avoue qu’à leur niveau il n’y a pas de retard et ils ont même fini leur semestre.
« Nous pouvons finir la licence 1 avant les vacances », martèle-t-il.
Les efforts fournis l’année dernière par le personnel administratif de l’université et les étudiants avec la prise en charge des deux mois de vacances, selon Mohamed Ouattara, montrent qu’il y a une évolution.
« Nous avons remarqué qu’en philosophie, histoire et archéologie, la psychologie, la sociologie et la géographie, ont pu faire bouger les choses », nous raconte cet étudiant.
Pour Mohamed Ouattara , « les rattrapages des deux mois des vacances passées, des promotions de 2024 et la plupart ont pu faire leur rentrée en octobre et novembre ».
Si certains saluent cette mesure, d’autres par contre ne trouvent pas cette décision nécessaire.
Au regard des réalités qu’il y a sur le campus, de l’avis de Ilias Compaoré, il ne sert à rien.
Il explique que l’année passée, ils ont suivi la réquisition des vacances mais après rien à changer concernant les retards dans les UFR.
« Au regard du fait que ce retard a des causes, c’est mieux que les autorités s’intéressent aux causes du retard au lieu de vouloir faire des raccourcis », a fait savoir Ilias Compaoré.
Pour lui, la première cause c’est le manque de salle, il n’y a pas d’infrastructures suffisantes pour accueillir les étudiants et il n’y a pas d’enseignants en nombre suffisant.
Ilias Compaoré estime que « si le nombre est réduit, c’est sûr que même si on fait une année, chaque fois on va réquisitionner les vacances, mais ça ne va pas résoudre le problème ».
Boureima Mandé, étudiant en linguistique, dit être contre la réduction des vacances pour les étudiants. Selon lui c’est inconcevable.
« Comment est-ce qu’on ne maitrise pas deux sessions et puis on veut ajouter une autre session. Il n’y aura pas de résorption de retard, ça c’est sûr », se manifeste-t-il.
Boureima Mandé pense que les vacances sont faites pour les étudiants, pour ceux qui travaillent.
« Quand il y a les vacances donnez-nous l’occasion de jouir des vacances. Chacun n’a qu’à rentrer chez lui cultiver ou encore faire ce qu’il peut pour avoir l’argent et venir financer ses études. On sait comment vivre à Ouagadougou avec les études. Si le côté financier ne tient pas vous pouvez disparaitre même si vous avez le niveau », a-t-il conclu.
Il faut noter que les évaluations récentes ont montré que la dynamique entamée l’année dernière a permis des progrès. Un appel est ainsi lancé aux enseignants et étudiants à redoubler d’efforts pour résorber les retards d’ici le 31 juillet 2025.



