La production de pagnes Kôkô Dunda, Faso Dan Fani ou encore de l’élevage de petits ruminants, telles sont les activités auxquelles certains détenus s’adonnent. Des activités qui permettent de faire face à cette « isolation » mais aussi et surtout, de préparer leur insertion après la case prison. Cela entre dans le cadre de la mise en œuvre de l’initiative présidentielle pour le développement communautaire (IPDC).
Derrière les murs surélevés de la maison d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso (MACB), c’est le silence absolu. Dans cette grande enceinte, vue comme un purgatoire se tisse désormais l’espoir pour certains. Roland (Nom d’emprunt), visiblement la trentaine est seul, contrairement aux autres sur son métier à tisser. Une activité à laquelle il s’adonne depuis bientôt 08 mois avec l’accompagnement du Bureau national des grands projets du Burkina (BN-GPB). Le tissage permet à Roland de trop penser à sa situation de détenu. Toutefois, on sait juste qu’il est en prison « depuis longtemps » selon ses propos. « Quand tu es assis ici à ne rien faire, tu ne fais que penser. Mais quand tu as une activité, surtout avec les autres membres de l’équipe qui sont là, nous travaillons et discutons afin d’échanger les idées. », confie Roland, les bras recouverts par des tatouages.
Le jeune homme a « à cœur » de faire de cette activité une opportunité de réinsertion sociale après la case prison. « S’il y a du soutien en tout cas, je compte continuer une fois dehors », insiste le jeune détenu. Roland et plusieurs autres de ses co-détenus bénéficient de cette opportunité grâce à l’initiative présidentielle pour le développement communautaire (IPDC) et mis en œuvre par le Bureau national des grands projets du Burkina Faso.
« Nous avons bénéficié de 17 métiers à tisser et les formations ont eu lieu du 22 décembre 2024 au 18 janvier 2025 », informe le contrôleur de sécurité principal Bonko Lomboky, chef de service de la production pénitentiaire professionnel de la MACB. « Les détenus ont adhéré tous l’initiative » parce qu’avant cela ils étaient sans travail, soutien le contrôleur, ajoutant que le nombre places disponibles étaient de 25 détenus et 05 membres du personnel. Les personnes ayant pris part à ladite formation partagent leurs savoirs avec les autres au fur et à mesure leur tour également.
Les retombées sont partagées selon une clé de répartition que le contrôleur de sécurité principal Bonko Lomboky n’a pas détaillé. Mais il se réjouit tout de même car ce volet de l’initiative présidentielle pour développement communautaire permet de juguler les cas récidive. Pour lui, plusieurs détenus n’ont pas de travail, raison pour laquelle ils s’adonnent à des vices. Avec les différentes formations, comme l’a mentionné Roland, le jeune détenu, la réinsertion sociale devient plus facile.



