samedi, 24 novembre 2018 00:00

La France hausse le ton face aux Russes en Centrafrique

La France se montre de plus en plus impatiente devant l'influence grandissante de la Russie en Centrafrique, dénonçant des "initiatives opportunistes" dans ce pays et des "ambitions voilées" sur le continent africain.

"Tous les efforts internationaux sont bienvenus pour sécuriser la République centrafricaine (RCA) mais il faut que cela soit fait (...) dans le respect de la médiation de l'Union africaine", a lancé lundi la ministre française des Armées, Florence Parly, au Forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique.

"Et toutes les autres initiatives qui sont des initiatives opportunistes et souvent intéressées ne me paraissent pas contribuer à résoudre de façon positive la situation sécuritaire dans ce pays", a-t-elle ajouté, dans une allusion à peine voilée à Moscou. "Toute manipulation intéressée de puissance opportuniste serait inepte, indigne".

La Russie a investi tous azimuts dans cette ancienne colonie française, notamment dans la formation de l'armée et la diplomatie avec les groupes armés.

Depuis le début 2018, elle y a envoyé cinq officiers militaires et 170 instructeurs civils (des mercenaires, selon certains experts) et livré des armes à l'armée nationale après avoir obtenu une exemption à l'embargo de l'ONU.

Symbole de cette présence de plus en plus visible, des Russes assurent désormais la sécurité du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra. Parallèlement, une rhétorique antifrançaise s'est emparée des médias locaux.

"La France est toujours là"

Moscou a aussi engagé une médiation entre groupes armés, parallèle sinon concurrente de celle de l'Union africaine, avec une réunion fin août à Khartoum.

Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, avait déjà lancé un message de fermeté vendredi à Bangui en annonçant une aide de 24 millions d'euros et des livraisons d'armes à la RCA.

"La France a été présente aux moment difficiles (...) Certains de nos soldats ont payé de leur vie cette participation à la défense de l'intégrité centrafricaine et nous sommes toujours là", a-t-il souligné en référence à l'opération Sangaris (2013-2016) destinée à mettre un terme aux affrontements entre groupes armés.