Ceci est un communiqué de l'ex président Blaise Compaoré publié par son avocat.

 

Depuis que j'ai quitté le pouvoir, j’ai observé un devoir de réserve absolu. Cependant, je reste très attentif à l’actualité de mon pays. J'ai souffert lorsqu'il a été l'objet d'attaques terroristes qui ont occasionné de nombreuses pertes en vies humaines.

 

Le peuple burkinabè sait que la sauvegarde de sa sécurité a toujours été ma préoccupation primordiale et il sait que je demeure de cœur et d'esprit à ses côtés, spécialement dans l'épreuve.

 

En matière de terrorisme, la polémique et la division partisane n'ont pas de sens. L'union sacrée est  plus qu’un impératif. C’est une exigence absolue. Je salue à cet égard les efforts effectués par mon successeur, démocratiquement élu, le Président Roch Marc Christian Kaboré, que je respecte. Il s'investit, avec le gouvernement, les Forces de Défense et de Sécurité, sans concession et en synergie avec les chefs d’Etat de la sous-région et des Nations-Unies dans la lutte contre le terrorisme. 

 

Cependant, je ne peux accepter de lire ces derniers temps, sous certaines signatures irresponsables et dévoyées par un combat politique dépassé, que j'aurais pu avoir des liens coupables avec les terroristes d'Al-Qaïda au Maghreb Islamique, lesquels justifieraient en réaction les attaques subies par mon pays.

 

Ceci est odieux, scandaleux, abject. Et chacun comprendra que cela nécessite qu'aujourd'hui, je brise exceptionnellement le silence et que je quitte mon devoir de réserve pour condamner fermement des allégations formulées avec légèreté qui ne sont que la marque d’une très grave irresponsabilité.

 

La communauté internationale sait que mon action dans cette région ultra-sensible du Sahel et du Sahara, a toujours consisté à rechercher la paix par la médiation et le dialogue -  faits et actes, reconnus, salués partout et par tous -.

 

Protéger mon pays de l'insécurité et des attaques terroristes, tel fut mon devoir. Je crois l’avoir accompli avec un sens élevé de l’Etat et dans l’intérêt majeur du peuple Burkinabè.

 

 

Président Blaise Compaoré

 

 

La quatrième édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique se tient depuis hier, au Centre international de conférence Abdou Diouf de Diamniadio (CICAD), en présence de trois chefs d'Etat africains.

Outre le président sénégalais Macky Sall, ses homologues du Rwanda Paul Kagamé et du Mali Ibrahima Boubacar Keïta prennent part à cette rencontre.

Le Premier ministre tchadien Albert Pahimi Padacké, la ministre française de la Défense, Florence Parly, le président de la Commission de l'Union africaine(UA), Moussa Faki Mahamat, entre autres, assistent aussi à ce forum.

Le forum est axé sur les "nouveaux enjeux stratégiques" du continent et autour du thème "Défis sécuritaires actuels en Afrique : pour des solutions intégrées".

Dans son discours à l'ouverture de la quatrième édition du Forum de Dakar sur la paix et la sécurité, Macky Sall a déclaré la guerre aux terroristes : « Face aux nouvelles menaces, les missions classiques de maintien de la paix ne sont plus adaptées. C'est le cas notamment avec la MINUSMA au Mali, sans doute l'une des missions de paix les plus meurtrières pour les casques bleus ».

Dans la lutte contre le terrorisme, le président Sall a souligné que « l'échange de renseignement et sa coordination » sont indispensables.

« Nous devons intégrer davantage les risques liés aux Etats faillis. Chaque fois qu'un Etat est affaibli d'une façon ou d'une autre, chaque fois que ses ressorts sont cassés, le vide se crée, le chaos et l'insécurité s'installent. L'Etat failli offre un sanctuaire de rêve pour tous les réseaux mafieux et criminels, y compris ceux de l'émigration clandestine, parce qu'en face, il n'y a plus de loi, ni d'autorité organisée pour combattre et freiner ces groupes », a affirmé le président sénégalais.

 

 

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme s'est dit gravement préoccupé par la forte augmentation du nombre de migrants africains détenus en Libye.

Ces derniers sont retenus pour éviter qu'ils atteignent les côtes européennes.

La souffrance de ces personnes est un outrage à la conscience de l'humanité, estime Zeid Ra'ad al-Hussein.

"La politique de l'Union Européenne consistant à aider les gardes-côtes libyens à intercepter et renvoyer les migrants (est) inhumaine", a-t-il déclaré dans un communiqué.

 

Cet appel survient alors que le groupe de contact sur la route migratoire en Méditerranée, réunissant 13 pays européens et africains dont la Libye, a décidé lundi d'améliorer les conditions des migrants dans les centres de détention libyens.

L’opposition togolaise a appelé dimanche soir à trois nouvelles journées de manifestations contre le pouvoir du président Faure Gnassingbé, qui fait face depuis près de trois mois à une contestation populaire dans tout le pays.

“Travailleurs, étudiants, lycéens, collégiens… Rejoignons très nombreux la contestation nationale du peuple souverain” jeudi, vendredi et samedi dans tout le Togo, a déclaré dans un communiqué Eric Dupuy, porte-parole de la coalition de 14 partis d’opposition à l’initiative des manifestations.

Selon M. Dupuy, les chefs de l’opposition avaient prévu de se rendre à Sokodé, Bafilo et Mango, trois villes du nord qui ont été le théâtre de violents affrontements entre forces de l’ordre et manifestants depuis fin août.

“Mais le gouvernement nous a notifié qu’il n’acceptera pas qu’on aille dans ces trois villes (…) Nous ne baisserons pas les bras. Ces trois villes sont en état de siège. Nous avons la ferme intention de nous rendre dans ces villes prochainement”, a-t-il expliqué à l’AFP.

Vendredi, le président Gnassingbé a accusé l’opposition d‘être responsable des violences. “Ceux et celles qui organisent ces manifestations portent la lourde responsabilité des victimes que les participants ont faites et des dégâts qu’ils ont causés”, a-t-il déclaré devant des soldats.

L’opposition organise des marches quasi-hebdomadaires pour demander la démission du président Gnassingbé, à la tête du Togo depuis 2005. Il a succédé à son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui a dirigé sans partage le pays pendant 38 ans.

Seize personnes ont été tuées en deux mois, dont des adolescents et deux militaires lynchés par la foule, selon un bilan établi par l’AFP.

 

Le gouvernement a promis d’organiser un référendum pour faire adopter une réforme prévoyant notamment une limitation des mandats présidentiels, mais la mesure n’est pas rétroactive, permettant à M. Gnassingbé de se présenter aux scrutins de 2020 et de 2025.

Le dimanche 05 novembre 2017, les téléspectateurs de la RTB/ Télévision, notamment ceux fidèles à l’émission « Sur la brèche » ont subi un grand préjudice. Fixé à l’avance à coups de bande annonce, le rendez-vous du ministre de la Culture et du Tourisme démissionnaire du gouvernement Paul KabaThiéba avec les téléspectateurs n’a pas eu lieu. L’émotion suscitée par l’incident montre à souhait que le peuple burkinabè s’est senti lésé dans cette affaire.

Le comble, c’est que ni la direction de la RTB/ Télévision, ni la direction générale n’ont daigné fournir la moindre explication au public.

L’Association des journalistes du Burkina (AJB) et le Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture (SYNATIC) dénoncent cette attitude non professionnelle des responsables de la RTB qui rappelle les pratiques des autorités sous l’ère Compaoré, l’immixtion grossière dans la collecte, le traitement et la diffusion de l’information dénaturant souvent le contenu des reportages.

Cette pratique rétrogradeintervient à la veille du Festival international de la liberté d’expression et de la presse (FILEP) qui se tient du 08 au 11 novembre 2017.

Nous saluons la démarche des journalistes de la rédaction qui ont suppléé à cette défaillance de la hiérarchie de la RTB, en investiguantsur cette affaire, dans l’optique de fournir des explications aux téléspectateurs.

Nous prenons acte des dénégations du ministre RémisFulgance Dandjinou en charge de la Communication. Nous n’en sommes du reste pas surpris, car il vous souviendra que notre déclaration conjointe du 20 juillet 2016 dénonçant des pratiques rétrogrades du même genre avait été reçue de la même manière par le ministre porte-parole du gouvernement. Et pourtant !

Nous rappelons à toutes fins utiles que les médias publics sont la propriété du peuple burkinabè.

Nous tenons à souligner que les silences coupables face aux agissements opaques contribuent à nourrir les rancœurs contre les travailleurs des médias publics.

L’AJB et le SYNATIC se sont toujours insurgés contre l’immixtion de l’exécutif dans la collecte, le traitement et la diffusion de l’information dans les médias publics, toute chose qui expose les travailleurs à la vindicte populaire.

Dans notre déclaration conjointe du 20 juillet 2016, nous rappelions ceci : « ‘’L’attaque des locaux de la Télévision nationale lors des manifestations des 30 et 31 octobre 2014 n’est rien d’autre que la conséquence directe de ces pratiques d’une autre époque visant à dénaturer le contenu des reportages au sein des médias publics’’, déclarait le Bureau National du SYNATIC lors de la première assemblée générale du syndicat après l’insurrection, le 12 novembre 2014. Le SYNATIC soulignait avec force, à l’époque, que les mêmes causes produisent les mêmes effets et invitait alors les travailleurs des médias à rester vigilants et mobilisés ».

L’AJB et le SYNATIC fidèles aux principes selon lesquels, « les entreprises de radiodiffusions sonores et télévisuelles doivent garantir l’honnêteté, l’indépendance et le pluralisme de l’information ainsi que l’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion dans le respect du principe d’égalité de traitement » (article 33 de la loi 059 portant régime juridique de la radiodiffusion) :

-          Apportons notre soutien à l’animateur de l’émission « Sur la brèche », Jérémi Sié Koulibaly qui a refusé de se soumettre au « plan B »que la direction de la Télévision du Burkina a tenté de lui imposer ;

-          Manifestons notre solidarité aux journalistes de la rédaction et à l’ensemble des travailleurs de la RTB/ Télévision, ainsi qu’à tous les travailleurs des médias publics ;

-          Dénonçons la censure à priori exercée contre Tahirou Barry ;

-          Condamnons les agissements rétrogrades du directeur de la RTB/ Télévision et du ministre en charge de la Communication ;

-          Exigeons des explications de l’ensemble des instigateurs de cette tentative de remise en cause des acquis de l’Insurrection populaire dans les médias ;

-          Exigeonsque les fautifs répondent de leurs actes ;

-          Invitons les travailleurs des médias publics à être des remparts contre la forfaiture d’où qu’elle vienne ;

-          Invitons les travailleurs des médias à rester mobilisés et à l’écoute pour tout mot d’ordre que commanderait l’évolution de la situation.

NON à la caporalisation des médias publics !

NON à la remise en cause des acquis de l’Insurrection populaire dans les médias !

En avant pour le respect des règles d’éthique et de déontologie, gage de professionnalisme dans les médias !

Fait à Ouagadougou, le 07 novembre 2017

 

Pour le Bureau de l’AJB

Le Président

 

Guézouma SANOGO

 

 

Pour le Bureau du SYNATIC

Le Secrétaire général

 

 

Siriki DRAME

Voici un extrait du compte rendu du conseil des ministres du mercredi 8 novembre 2017

Une étude sur l’évaluation de la journée de travail continu a été menée par le ministère en charge de la Fonction publique, l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) et le Réseau burkinabè de suivi et d’évaluation, plus d’une année après sa mise en œuvre. Il ressort de cette étude que 67,1% des agents sont favorables à son maintien dans le secteur public.

L’adoption de ce décret permet de réaménager les horaires de la journée de travail continu au Burkina Faso ainsi qu’il suit pour compter du 1er janvier 2018 :

Du lundi au jeudi :                           

Matin : 7 heures 30 minutes à 12 heures 30 minutes.                                          

 Pause : 12 heures 30 minutes à 13 heures.

Après-midi : 13 heures à 16 heures.

Le vendredi :

Matin : 7 heures 30 minutes à 12 heures 30 minutes.

Pause : 12 heures 30 minutes à 13 heures 30 minutes.

Après-midi : 13 heures 30 minutes à 16 heures 30 minutes.

 

 

lundi, 06 novembre 2017 00:00

Mali : un raid de Barkhane tue 11 soldats

Onze soldats maliens prisonniers ont été tués fin octobre après un raid français de l'opération Barkhane dans la région de Kidal, selon des sources militaires maliennes.

"Nous avons assez d'éléments pour dire que dans la nuit du 23 au 24 octobre, après un raid anti-terroriste, nos militaires ont été tués. Nous avons échangé avec les Français à ce sujet", a déclaré dimanche un responsable du ministère malien de la Défense.

Des photos des corps des soldats tués ont permis de "recouper les informations", et de confirmer leur identité", a poursuivi la même source.

Selon le groupe djihadiste, les soldats maliens qui y étaient retenus prisonniers seraient décédés lors du bombardement par Barkhane.

Les soldats maliens tués étaient détenus par le "Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans", organisation djihadiste née de la fusion de plusieurs groupes du Sahel et dirigée par le Touareg malien Iyad Ag Ghaly.

 

 

Les partis politiques membres du Cadre de Concertation du Chef de file de l’Opposition ont tenu une réunion extraordinaire le lundi 30 octobre 2017 au siège du CFOP, à Ouagadougou. Présidée par le Chef de file de l’Opposition, M. Zéphirin DIABRE, la réunion avait les points suivants inscrits à son ordre du jour :

-Situation nationale ;

-Vie du Cadre ;

-Divers.

Au chapitre de la situation nationale, les participants ont observé une minute de silence en mémoire des martyrs de l’Insurrection populaire de 2014, à l’occasion de l’An III de cet événement. Dressant le bilan de l’évolution du pays, les partis d’opposition tirent la conclusion que le pouvoir du MPP a trahi les idéaux de l’Insurrection populaire, en ramenant les pires pratiques dont ils étaient maîtres quand ils conduisaient toujours la barque CDP.

Les partis d’opposition s’indignent également que, trois ans après, il n’y ait pas de justice effective pour les martyrs et leurs familles.

Toujours au chapitre de la situation nationale, les participants ont pris acte de la démission du Ministre de la culture, des arts et du tourisme, M. Tahirou BARRY. De surcroit Président d’un parti de la Majorité, M. BARRYa démissionné en peignant un tableau très sombre de la gouvernance actuelle. Dans un réquisitoire d’une violence inouïe, il a égrené les échecs du gouvernement, en insistant particulièrement sur le désarroi de la jeunesse, le dénuement de nos forces de défense et sécurité face aux terroristes, et  la faillite du PNDES qu’il impute directement  au Président Roch Kaboré, traité au passage de « vieux cow-boy désespéré  dont les réactions ont mis au rouge tous nos indicateurs avec un plan de développement PNDES qui a lui-même besoin d’un plan d’urgence de sauvetage dans un océan sans rivage. »

Cette démission est le signe manifeste d’un délitement du pouvoir. Et c’est la preuve supplémentaire du bien fondé des critiques  déjà formulées par l’Opposition dans ses  deux mémorandums.

Toujours au chapitre de la situation nationale,  les  participants à la rencontre ont évoqué le  scandale « Tranquillos ». Dans une vidéo ridicule mais authentique parue sur les réseaux sociaux, puis dans plusieurs médias, on voit le ministre d’Etat Simon COMPAORE, Kalachnikov en main et habillé de gilet pare-balle, au domicile d’un des députés démissionnairesde l’UPC. Dans un langage à la limite vulgaire, Simon COMPAORE menace de « chicoter les militants de l’opposition » et de faire arrêter le Chef de file de l’Opposition, et révèle que le complot contre l’UPC « a été bien préparé ». Cette vidéo a fait le tour de la planète et a couvert notre pays de ridicule.

Pour l’Opposition politique, cette vidéo est d’abord une preuve supplémentaire  que le MPP, dont M. Simon COMPAORE est le Président par intérim, alimente bel et bien par son soutien politique et financier, cette cabale dont l’objectif est de casser l’UPC dans la perspective des présidentielles de 2020.

Alors qu’on n’avait pas fini d’épiloguer sur ce scandale, les Burkinabè ont constaté qu’à cause du comportement arrogant  de M. Simon COMPAORE, les policiers  de notre pays sont allés en grève en fin de semaine. L’incapacité du  Ministre à résoudre la crise était telle que le Président du Faso a dûmonter au créneau, rencontrer les policiers  et prendre des engagements avec ces derniers, rencontre au cours de laquelle M. Simon COMPAOREétait d’ailleurs absent. Faisant suite à l’épisode des transporteurs routiers, c’est donc la deuxième fois, en quelques semaines,  que le Président du Faso doit intervenir directement dans la gestion du ministèrede M. Simon COMPAORE, pour régler une crise d’ampleur nationale. Dans une république normale, un tel ministre est congédié et remplacé par une personne plus compétente, surtout s’il s’agit d’un ministère sensible comme celui de la sécurité. Mais M. Simon COMPAORE étant un « actionnaire » important du MPP, il peut se permettre de narguer tout le monde, y compris  le Président KABORE, lequel  manque visiblement de l’autorité qu’il faut pour le sanctionner. Dans la situation sécuritaire que vit actuellement notre pays, et après un tel étalage d’incompétence et d’arrogance, maintenir M. Simon COMPAORE à ce poste, c’est montrer qu’on ne prend nullement au sérieux la question de  la sécurité des Burkinabè !

La responsabilité personnelle du Président du Faso est ici engagée, car c’est lui qui nomme aux  hautes fonctions  de l’Etat.

Au regard du comportement irresponsable de  M. Simon COMPAORE et de l’incompétence notoire dont il fait montre face aux problèmes sécuritaires de notre pays, l’Opposition politique exige son départ immédiat de  son poste de Ministre de la sécurité du Burkina Faso.

En plus, l’opposition politique va saisir la justice, en déposant une plainte contre M. Simon COMPAORE pour détention illégale d’arme de guerre, et pour menaces de mort sur des citoyens.

Au chapitre de la vie du Cadre de concertation, les participants ont pris connaissance des  propositions relatives au projet de nouveau Code électoral. Une commission a été mise en place pour examiner le document et formuler les observations de l’Opposition politique.

Débutée à 18 heures, la réunion a pris fin à20heures, après l’examen de quelques points de divers.

Ouagadougou, le 30 octobre 2017

Le service de communication du Chef de file de l’Opposition politique

 

 

Le président du Faso Roch Kaboré a nommé lundi, Issouf Sawadogo au poste de ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, en remplacement de Tahirou Barry, démissionnaire.

Le nouveau ministre burkinabè en charge de la Culture n’est pas très connu de la presse et du grand public du Burkina Faso.

Il est présenté comme membre fondateur du Parti pour la renaissance national (PAREN) auquel appartient Tahirou Barry qu’il remplace au gouvernement.

Issouf Sawadogo qui sera certainement au prochain Conseil des ministres, est également membre du Conseil des sages du PAREN et ancien proviseur du lycée John Kennedy, à Ouagadougou.

 

Agence d’information du Burkina

Le Burkina Faso a demandé lundi soir l'extradition de François Compaoré, frère de l'ancien président burkinabè Blaise Compaoré, arrêté en France dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat en 1998 du journaliste Norbert Zongo.

"Les documents relatifs à la demande d'extradition ont été préparés et transmis au ministère des Affaires étrangères pour que les autorités françaises soient saisies dès ce soir", a déclaré le ministre burkinabè de la Justice René Bagoro dans une conférence de presse à Ouagadougou.

"Nous avons formulé notre demande d'extradition", et "le Burkina Faso usera de tous les moyens juridiques pour obtenir l'extradition" de François Compaoré, afin qu'il "vienne répondre à la justice burkinabè", a insisté M. Bagoro.

François Compaoré, 63 ans, qui avait été arrêté dimanche à l'aéroport parisien de Roissy Charles de Gaulle, a été laissé libre mais sous contrôle judiciaire lundi matin par la justice française, dans l'attente de l'examen de la demande d'extradition du Burkina Faso, selon son avocat Pierre-Olivier Sur.

Personnage parmi les plus impopulaires des 27 ans du régime Compaoré, ce frère cadet de l'ex-président est réclamé par la justice burkinabè depuis le mois de mai dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat du journaliste d'investigation Norbert Zongo et de trois compagnons de voyage, le 13 décembre 1998.

François Compaoré est poursuivi pour "incitation à assassinats", selon un avocat de la famille Zongo, Me Benewendé Sankara.

Norbert Zongo, auteur de plusieurs enquêtes retentissantes dénonçant la mauvaise gouvernance sous le régime Compaoré, travaillait au moment de son assassinat sur la mort du chauffeur de François Compaoré, alors conseiller économique de son frère et surnommé le "petit président".

François Compaoré s'est enfui du Burkina lors de l'insurrection populaire d'octobre 2014 qui a chassé son frère du pouvoir. Réfugiés tous les deux en Côte d'Ivoire, ils ont obtenu la nationalité ivoirienne.

- 'Aucune immunité diplomatique' -

Mais "il ne bénéficie d'aucune immunité diplomatique" lié à sa nationalité ivoirienne, a estimé le ministre de la Justice burkinabè, précisant que son pays dispose d'"une convention de coopération judiciaire" avec la France "depuis 1961".

"S'agissant de la peine de mort (toujours légalement en vigueur) nous avons développé un argumentaire qui permettra aux autorités judiciaires françaises de savoir qu'au Burkina la peine n'est plus exécutée depuis un certain temps et que nous sommes un pays abolitionniste de fait", a précisé M. Bagoro.

"Cela permettra aux autorités françaises de ne pas craindre que l'intéressé soit torturé ni que ses droits ne soient respectés, ni qu'il soit soumis à des peines dégradantes ou humiliantes".

Cependant, "il faut s'attendre à ce qu'il y ait une longue bataille" judiciaire pour obtenir l'extradition de François Compaoré, a-t-il prévenu.

"Je pense que le Burkina Faso fait un détournement de procédure judiciaire pour stigmatiser un homme coupable de s'appeler Compaoré", a affirmé Me Pierre-Olivier Sur, qui assure que "des faits similaires en France seraient prescrits", donc pas poursuivis.

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