Burkina : Le procès Thomas Sankara renvoyé au 25 octobre prochain

 Le procès du père de la Révolution burkinabè, Thomas Sankara, assassiné  en 1987 par un coup d’Etat qui  a ouvert ses portes ce lundi, a été finalement renvoyé au 25 octobre prochain, à la demande des avocats de la défense pour s’impregner du contenu du document de 20 mille pages.

Selon l’un des avocats de la défense, Mathieu Somé, sa partie a reçu  tardivement les éléments du dossier Thomas Sankara du tribunal de militaire de Ouagadougou.

A l’en croire, les avocats de la défense ont demandé un report du procès Thomas Sankara, afin de s’imprégner du contenu du  document de 20 mille pages pour assurer la défense de leurs clients.

Somé s’exprimait lundi à Ouagadougou, à l’ouverture du procès Thomas Sankara et de ses douze compagnons d’infortunes tombés le 15 octobre 1987 par un coup d’Etat.

A cet effet, douze accusés sur les quatorze ont répondu présent à l’audience solennelle avec à leur tête,  le général de brigade, Gilbert Diendéré.

Deux autres prévenus, à savoir l’ancien président du Faso, Blaise Compaoré en exil en Côte d’Ivoire depuis 2014 et l’adjudant-chef Yacinthe Kafando, en fuite, sont les grands absents de ce procès historique, 34 ans après  l’assassinat du capitaine Thomas Sankara.

Le parquet militaire a requis un délai de 10 jours  à ces  derniers de se présenter à la justice militaire et a noté que passé ce délai, ils seront jugés par contumace.

Ainsi, le général Diendéré et les autres accusés sont poursuivis dans l’affaire Thomas Sankara «pour complicité d’assassinat, recel de cadavre et atteinte à la sureté de l’Etat».

L’ouverture du procès a connu aussi une difficulté en ce qui concerne la désignation de trois juges accesseurs, au regard du grade de certains accusés  et  de l’indisponibilité de certains juges pour leurs tâches de sécurisation  du territoire, à cause des multiples attaques terroristes.

Ce début de procès a, par ailleurs, connu plusieurs suspensions permettant au parquet et au président du tribunal militaire de Ouagadougou, Urbain Méda et ses hommes de prendre en compte un certain nombre d’aspects du dossier Sankara.

Un autre élément, et pas des moindre, demeure l’enregistrement  audiovisuel du jugement souhaité par la partie civile,  en vue de constituer une mémoire pour le Burkina Faso.

Sur la question, le parquet militaire affirme procéder  par une exception pour l’enregistrement de procès «historique »  du pays, toute chose battue en brèche, par les avocats de la défense qui disent craindre que ces enregistrements se retrouvent  sur la place publique.

Pour sa part, Me Ambroise Farama de la partie civile  dit prendre acte du report de ce projet au 25 octobre  prochain et souhaite  que le droit soit dit.

De son avis, les Burkinabè n’entendent que la manifestation de la vérité dans cette affaire Thomas qui a trop duré.

D’après Me Séraphin Somé, un des avocats avocats de la partie civile,  l’enregistrement de ce progrès permet au Burkina d’avoir des archives sur l’affaire du capitaine Sankara.

D’après lui, ne pas l’enregistrer signifie qu’il est  tombé, selon lui,  à l’eau.

La veuve du père de la révolution burkinabè, Mariam Sankara  présente au procès  a souhaité que la lumière jaillisse à l’issue du jugement,  car selon elle, les Burkinabè ont soif de savoir ce qui s’est   passé en 1987

En rappel, le 15 octobre 1987, Thomas Sankara et ses douze compagnons ont été assassinés par un coup d’Etat qui a porté  Blaise Compaoré au pouvoir.

Compaoré a été chassé du pouvoir par une insurrection populaire en fin octobre 2014, après 27 ans de règne.

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